Émancipation

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Internationalistes

Contre la précarité

Il n’y a pas de meilleur capitalisme

La logique du capital est facile à comprendre : le capital qui ne se reproduit pas, qui ne donne pas de profits, meurt. Et s’il donne des profits, ils redeviennent du capital et doivent être amortis également dans le cycle suivant. Le capital augmenté à chaque cycle de profit doit produire de nouveaux profits et, en l’absence de nouveaux marchés – réels ou fictifs, c’est-à-dire créés sur la base du crédit – , profits qui ne peuvent être atteints que par une exploitation croissante. Il y a deux façons de le faire.

  1. L' »idéale » selon la bourgeoisie elle-même est d’incorporer des technologies qui permettent de produire plus avec moins d’heures de travail, c’est-à-dire d’augmenter l’exploitation relative. En théorie, cela permettrait d’augmenter les salaires et les bénéfices en même temps, mais seulement à condition que le marché augmente également. Ce fut le moteur de l’expansion du capitalisme dans le monde entier au XIXe siècle. Mais depuis un siècle, il n’y a pas eu de marchés « vierges ». En fait, les capitaux ont accès à de moins en moins de marchés. La conséquence inévitable est que l’amélioration technologique n’entraîne pas une augmentation de la masse salariale totale, mais elle augmente plutôt le chômage.
  2. L’autre façon est simplement de payer moins par heure travaillée, de baisser les salaires, de signer des contrats de 4 heures qui sont alors à plein temps, de faire des heures supplémentaires non payées, etc.

La première voie est celle de la robotisation, de la numérisation, etc. La seconde est celle de la précarité. Depuis des décennies, l’organisation du travail a été réorganisée et restructurée de toutes parts, dissociant le travailleur des lieux et des équipes de travail, des services de base, des attentes d’embauche et des revenus stables. Ils nous brisent et nous atomisent pour que, finalement, ils nous exploitent davantage.

La précarisation n’est pas une politique mais une nécessité du capital. Leurs lois ne nous défendront pas.
Par exemple en Espagne aujourd’hui, un euro de croissance sur deux va rémunérer le capital. C’est ainsi que le capital est sorti de la crise… en nous appauvrissant et en nous rendant précaires.

C’est pourquoi leurs projets de loi ne nous protégeront pas. Ils n’augmenteraient pas le salaire minimum s’ils ne diminuaient pas en même temps le salaire des emplois qualifiés. Ils nous paient un peu plus que le minimum, mais ils nous égalent tous par en bas, de sorte que dans l’ensemble, le capital paie moins. Avec la crise, 30 milliards de salaires ont été perdus, mais les bénéfices ont augmenté de 14 milliards.

Les travailleurs n’ont pas de patrie…. ni de secteur

Partout dans le monde, nous sommes appelés à nous rapprocher des besoins de telle ou telle faction du capital : sauver l’industrie nationale, soutenir le petit commerce, découvrir des intérêts supposés communs avec le capital catalan, andalou ou vénézuélien. Mais la vérité est que moins un secteur, un pays ou une région est capitalisé, plus il est urgent d’accroître l’exploitation en termes absolus du capital.

C’est pourquoi le fouet des jeunes travailleurs, de Berlin à Buenos Aires en passant par la porte de notre maison, est le secteur des services, le moins capitalisé des grands secteurs. C’est pourquoi les pays et les régions aux capitaux nationaux plus faibles deviennent plus précaires et plus rapides. Nous envelopper dans le drapeau régional ou défendre le secteur, ce serait nous mettre la corde au cou.

Les syndicats organisent la précarisation

C’est pourquoi les syndicats ont été et sont les premiers agents de la précarité. Ils nous disent que sans contrat, sans vente, cela n’a aucub sens de se battre, que nous devons subordonner nos besoins à l’existence de bénéfices et accepter de travailler -et de recevoir- seulement quand la compagnie a des commandes. Dans l’industrie de la voiture (Opel, Seat, PSA, Ford) ils organisent la vente aux enchères des conditions de travail des usines. Ils nous vendent que ce n’est que si nous acceptons des temps de travail insensés, des salaires plus bas et des contrats non protégés que nous pourrons être compétitifs avec d’autres usines dans d’autres pays… où les syndicats leur disent exactement la même chose.

Ce qu’il faut faire

Un des avantages de la précarisation pour le capital est qu’elle nous atomise et entrave la lutte collective. Aujourd’hui, nous sommes embauchés pour une semaine de nettoyage, dans un mois, nous faisons un quart de chargement dans un moulin à huile, un week-end que nous économisons en servant aux mariages et si nous avons de la chance, nous sommes embauchés pour une campagne de téléopérateurs de trois mois. Nous sommes interchangeables, flexibles… et si cela ne dépendait que d’eux, nous serions complètement isolés, attendant sans voir personne daigner nous exploiter.

C’est pourquoi la première chose que nous devons faire partout, c’est de briser la ligne de démarcation entre le fixe et le temporaire, entre l’embauché et le sous-traitant, entre un secteur et un autre, entre une entreprise et une autre. Nous sommes tous des travailleurs, nous sommes tous plus ou moins précaires et si nous commençons à voir qui est le pire, nous finirons tous sous le minimum de survie pour la plus grande gloire du capital national et sa compétitivité. Nous devons tous nous mobiliser ensemble, en tant que classe, et contrôler collectivement chaque conquête que nous faisons.

Pour une mobilisation de tous les travailleurs ensemble contre la précarité et le chômage

Assemblées sans contrat ou divisions patronales dans des entreprises d’une certaine taille, assemblées de travailleurs de quartier dans l’hôtellerie et le petit commerce

Fin du travail à la pièce, travail sans contrat et heures supplémentaires

Réduction de la journée de travail maximale à 30 heures par semaine avec le même montant mensuel net.

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous, abolissez les armées, la police, la production de guerre, les frontières, le travail salarié!
Proletários de todos os países, uni-vos, suprimam exércitos, polícia, produção de guerra, fronteiras, trabalho assalariado!
¡Proletarios de todos los países, uníos, suprimid ejércitos, policías, producción de guerra, fronteras, trabajo asalariado!
Workers of all countries, unite, abolish armies, police, war production, borders, wage labor!
Proletari di tutti i paesi, unitevi, sopprimete gli eserciti, le polizie, la produzione di guerra, le frontiere, il lavoro salariato!